Archives 2015

Rocamadour #2

Prendre une photo au sténopé, c’est poser une boîte en bois quasiment aveugle en face de ce que l’on veut photographier. Le cadrage procède d’un mélange de science approximative, de pifométrie analytique et d’espérance fataliste. La boîte en bois que j’utilise permet d’obtenir un très grand angle de vue. J’avais fait une fois le calcul de l’équivalent en 24×36, mais je ne suis plus très sûr de me rappeler du résultat, et ce n’est pas très parlant de toute façon. En gros l’angle correspond quasiment à tout ce qui se trouve en face de moi. Ma technique de visée a l’avantage d’être simple, et l’inconvénient de donner un air passablement idiot si l’on est observé en cours de processus. Voyez plutôt : une fois devant le sujet, il faut regarder bien en face et sans bouger la tête, puis fermer l’œil gauche et regarder où s’arrête son champ de vision sur la gauche. Ce sera le bord gauche du cadre. Comme vous l’avez maintenant deviné, il convient ensuite de procéder de même en fermant l’œil droit. On peut ainsi délimiter les bords gauche et droit du cadrage. Si vous avez tenté la manœuvre, vous avez pu constater le ridicule du clignement associé aux mouvements oculaires. C’est encore pire pour les cadrages verticaux, car il faut procéder de même, mais en penchant la tête à 90° sur le côté. Passé l’instant de malaise, ça fonctionne plutôt bien pour la cadrage horizontal une fois que l’on a aligné la boite en bois sur l’axe de la visée. Le cadrage vertical quant à lui est un peu plus aléatoire.
La suite à la prochaine photo.

Chambre FKD 13×18 cm
Sténopé 0,3 mm
5 minutes d’exposition
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


Rocamadour #1

Après avoir vu La Vie est belle – le film de Capra, pas celui de Benigni – j’en viens à réfléchir pas mal, en particulier au statut d’observateur. Parmi les thèmes abordés, le film met en avant l’impact que nous avons sur la vie des autres. Georges Bailey, le héro, en a un très important : il sauve son frère de la noyade, évite une erreur à un pharmacien, sauve plusieurs fois l’entreprise de son père de la faillite, lutte contre l’influence néfaste d’un homme d’affaire. La plupart de ces actions, ils les mène à contre-cœur et au détriment de ses aspirations personnelles : parcourir le monde, construire des projets de grande envergure…
Voilà un bien bel os à ronger. Car si l’ont suit le raisonnement de Capra, la vie vaut d’être vécue de part ce que l’on apporte aux autres. Alors, que penser de l’observateur, qui, volontairement ou non, cherche à réduire son impact sur la vie d’autrui ? Que penser du rôle de témoin ? A-t-il un impact sur ceux qui l’entourent ? Peut-il les aider en témoignant, en gardant une trace ? L’observateur rate-t-il gentiment sa vie en regardant celle des autres ? J’imagine que tout ceci dépend de la façon d’observer et de ce que l’on en fait. En témoigne-t-on d’une manière qui soit utile aux autres ? qui rendent la vie meilleure que si on ne le faisait pas ? meilleure que si l’on n’était pas né (pour faire écho aux questionnements de Georges Bailey) ?

Voilà le gros os à ronger que laisse Capra, un filtre intéressant, incisif : ce que l’on prévoit de faire va-t-il rendre le monde meilleur que si l’on ne le faisait pas ? Peut-être pas le monde dans son ensemble, mais au moins le petit monde qui nous entoure. Et la question bonus qui fâche : que deviennent nos aspirations personnelles après avoir passé ce filtre ?
Insérons tout ceci au bas d’une image dans laquelle des dizaines de personnes ont défilé (dans l’escalier), sans laisser une seule trace.

Chambre FKD 13×18 cm
Sténopé 0,3 mm
5 minutes d’exposition
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


Guggenheim

Un retour au sténopé et au caffenol. Un bon moyen de limiter le nombre de ses photos de vacances : neuf en tout et pour tout. J’imaginais que ce serait facile, mais la technique reste délicate, et les effets de pinceau ainsi que l’exposition subtils à gérer. L’avantage indéniable est que chacun image a son importance. Par forcément pour le spectateur, mais pour le photographe, car c’est la démarche qui reste en mémoire. Rester 5 minutes en plein soleil au pied du musée Guggenheim de Bilbao, regarder des touristes sud-américaines se prendre en selfie dans le champ de la photo en sachant que leur passage ne laissera qu’une trace impossible à distinguer sur les grains d’argent. Le sténopé, c’est enregistrer du temps et du souvenir autant que de la lumière.

Chambre FKD 13×18 cm
Sténopé 0,3 mm
5 minutes d’exposition
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


Le château

Le silence visuel de ces dernières semaines s’explique par l’atterrissage en de nouveaux lieux. Plus de place pour plus de confort photographique. Il reste encore un peu de travail d’aménagement, surtout pour la partie “chambre noire”. De nouveaux lieux, mais plutôt anciens, et inspirants : le château.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 3 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Parallèles

Des arbres, un chemin, ça sonne comme une chanson de Françis Cabrel… mais je ne me lasserai jamais de ce type de sujets. [Insérer interprétation psychanalytique].
Toujours dans le cadre des ambrotypes sur gélatino bromure révélés à la vitamine C, avec en prime un essai de plan de netteté non perpendiculaire.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 8 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

La porte du diable

Cette étrange porte est perdue au bord d’une petite route dans la campagne des environs de Dijon. Elle tient son nom de la petite sculpture au milieu du linteau. Malgré sa ressemblance, il ne s’agirait pas d’un diable mais d’un blason vandalisé à la révolution.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 8 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

À côté de ses pompes

J’ai en tête depuis quelques temps cette idée d’une série “à côté de la plaque”, en référence bien sûr à la plaque de verre utilisée comme support photographique…
À côté de ses pompes, c’est peut être une façon de commencer.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 60 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Under the bridge

Encore et toujours dans la série des perfectionnement des ambrotypes secs à la vitamine C, retour à une émulsion plus simple qui fonctionne mieux. Reste à se pencher sur le révélateur, et sur le moyen d’éviter toutes les petites poussières venant se coller sur l’émulsion au cours du développement et du séchage…
Essais de bascule arrière, intéressant, mais pas forcément aisé pour la lecture de l’image. Difficile à gérer sur une vieille chambre qui n’a pas de mouvements sur le corps avant.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 1/2 seconde @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine