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Téléphone d’alarme #3

Toujours dans la série des ambrotypes sur gélatino bromure d’argent.
Depuis quelques jours, je travaille sur un révélateur peu toxique, à base de vitamine C.
Ça marche plutôt pas mal. Encore perfectible pour la brillance. Également des progrès à faire sur l’exposition : elle est difficile à juger car dépendante des UV, et très sensible aux contre-jours.
Fixation à l’hypo fait maison. Il ne me reste plus qu’à travailler une émulsion home made. C’est pour bientôt…

Je me demandais encore l’autre jour ce qui me poussait à passer autant de temps sur ces techniques. Je crois avoir trouvé un des éléments : je trouve que le rendu est plein de poésie. Bien entendu, cela ne dispense pas de soigner le sujet et le cadrage, mais il y a une sensation immédiate de nostalgie, et toujours la joie de sortir un bel objet du bain de fixateur…

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine


Tête pointillée

Petite pose de fin d’année. Petite respiration numérique. Petite silhouette sur le parvis de Beaubourg.

Canon 6D – Canon EF 50mm f/1,8


Plastique et papier

Regards parallèles, regrets capillaires, mise en scène synthétique.

Canon 6D – Canon EF 50mm f/1,8


Cour de Bar

Un certain coup de mou sur l’argentique et autres procédés anciens. Ne pas chercher à comprendre, laisser Boris à la maison et se balader avec le truc japonais en plastique et silicium.

Canon 6D – Canon EF 50mm f/1,8


De travers

Certains d’entre nous sont peut-être comme ces troncs biscornus : jeunes pousses jadis obligées de pousser de biais pour éviter un obstacle, un danger. Une fois adultes, ils restent figés dans cette position, alors que plus rien de tangible ne reste de ce qui les a mis de travers. Ils sont l’image de leurs parcours et gardent en creux la trace des obstacles rencontrés. À la différence des arbres, ils peuvent se redresser, à moins qu’il ne soit plus intéressant d’être un peu bancal.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm f/4,5
15 secondes @f/4,5
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


Arbre(s)

Sont-ce nos humeurs qui influencent nos photos ?
Ou le contraire ?

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm f/4,5
1/5 secondes @f/4,5
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


La passerelle

Cette fois avec un drap noir, un niveau, et un déclencheur souple.
Confirmation également de la haute aptitude de Boris à briser la glace avec les passants.
Question ouverte : le flou de premier plan, pour ou contre ? Justifiez votre réponse.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm f/4,5
1/10 secondes @f/4,5
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


Danger de mort

J’ai rêvé l’autre jour que je me faisais électrocuter. Par deux fois. La sensation était étrange. Quelques pensées le temps de tomber au sol, paralysé : mince, je suis électrocuté… je vais mourir ? ah finalement non… ça ne fait pas si mal… quoi, une deuxième fois !?

Aujourd’hui je cherchais un point de vue pour une photo à la chambre avec le nouvel objectif que j’ai acquis. Il est équipé d’un obturateur, ce qui me permet de faire des photos à pleine ouverture en plein jour. Je me suis arrêté au milieu de ce pont, visualisant mentalement l’image ci-dessus. Je n’ai repensé à ce rêve qu’en rentrant, bien après avoir remballé le matériel.

Outre ce petit rappel inconscient, un autre rappel : rien n’est jamais acquis, surtout quand on pense maîtriser son sujet. Voilà donc les erreurs que l’on peut faire en plein jour :
— mal cadrer en pensant qu’on peut s’abstenir de mettre la tête sous le drap noir (à la fois parce qu’on pense voir suffisamment bien le verre de visée, et parce qu’on a un peu honte de se mettre dessous quand la plupart des voitures ralentissent pour regarder) ;
— oublier que même si 1/10ème de secondes est assez court avec un trépied, cela laisse tout de même le temps d’un flou de bouger si on actionne le déclencheur sans précaution.
Le maître mot est donc de toujours prendre son temps.

Malgré ces évidents défauts, j’aime bien cette image. C’est un des avantages des photos à la chambre : je n’en fait qu’une ou deux à la fois, chacune a donc son importance et son histoire – à mes yeux en tout cas – et jusqu’ici, chacune est une leçon.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm f/4,5
1/10 secondes @f/4,5
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau