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Plastique et papier

Regards parallèles, regrets capillaires, mise en scène synthétique.

Canon 6D – Canon EF 50mm f/1,8


Cour de Bar

Un certain coup de mou sur l’argentique et autres procédés anciens. Ne pas chercher à comprendre, laisser Boris à la maison et se balader avec le truc japonais en plastique et silicium.

Canon 6D – Canon EF 50mm f/1,8


De travers

Certains d’entre nous sont peut-être comme ces troncs biscornus : jeunes pousses jadis obligées de pousser de biais pour éviter un obstacle, un danger. Une fois adultes, ils restent figés dans cette position, alors que plus rien de tangible ne reste de ce qui les a mis de travers. Ils sont l’image de leurs parcours et gardent en creux la trace des obstacles rencontrés. À la différence des arbres, ils peuvent se redresser, à moins qu’il ne soit plus intéressant d’être un peu bancal.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm f/4,5
15 secondes @f/4,5
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


Arbre(s)

Sont-ce nos humeurs qui influencent nos photos ?
Ou le contraire ?

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm f/4,5
1/5 secondes @f/4,5
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


La passerelle

Cette fois avec un drap noir, un niveau, et un déclencheur souple.
Confirmation également de la haute aptitude de Boris à briser la glace avec les passants.
Question ouverte : le flou de premier plan, pour ou contre ? Justifiez votre réponse.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm f/4,5
1/10 secondes @f/4,5
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


Danger de mort

J’ai rêvé l’autre jour que je me faisais électrocuter. Par deux fois. La sensation était étrange. Quelques pensées le temps de tomber au sol, paralysé : mince, je suis électrocuté… je vais mourir ? ah finalement non… ça ne fait pas si mal… quoi, une deuxième fois !?

Aujourd’hui je cherchais un point de vue pour une photo à la chambre avec le nouvel objectif que j’ai acquis. Il est équipé d’un obturateur, ce qui me permet de faire des photos à pleine ouverture en plein jour. Je me suis arrêté au milieu de ce pont, visualisant mentalement l’image ci-dessus. Je n’ai repensé à ce rêve qu’en rentrant, bien après avoir remballé le matériel.

Outre ce petit rappel inconscient, un autre rappel : rien n’est jamais acquis, surtout quand on pense maîtriser son sujet. Voilà donc les erreurs que l’on peut faire en plein jour :
— mal cadrer en pensant qu’on peut s’abstenir de mettre la tête sous le drap noir (à la fois parce qu’on pense voir suffisamment bien le verre de visée, et parce qu’on a un peu honte de se mettre dessous quand la plupart des voitures ralentissent pour regarder) ;
— oublier que même si 1/10ème de secondes est assez court avec un trépied, cela laisse tout de même le temps d’un flou de bouger si on actionne le déclencheur sans précaution.
Le maître mot est donc de toujours prendre son temps.

Malgré ces évidents défauts, j’aime bien cette image. C’est un des avantages des photos à la chambre : je n’en fait qu’une ou deux à la fois, chacune a donc son importance et son histoire – à mes yeux en tout cas – et jusqu’ici, chacune est une leçon.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm f/4,5
1/10 secondes @f/4,5
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


Neuf minutes de route

Si je devais expliquer rationnellement pourquoi faire des photos au sténopé, je mettrais en avant les particularités des images obtenues.

La première d’entre elle serait l’aspect diffus et onirique des images. Elles ne sont pas parfaitement piquées tout simplement parce que le plus petit détail ne peut pas être plus fin que la taille du sténopé. Ce flou, comme toute autre dégradation d’une image, peut facilement être imité informatiquement. Passons donc à la particularité suivante.

Les images au sténopés ont beau ne pas être très nettes, elles ont la même netteté de 0 à l’infini. Ceci permet de cadrer des objets extrêmement proches en gardant l’infini aussi net. Intéressant. Mais les smartphones ont des capteurs tellement petits qu’ils peuvent obtenir un effet quasiment identique. Voyons la suite.

Il s’agit cette fois de l’angle de vue. Les sténopés permettent des images ultra grand angles rectilinéaires. C’est à dire que le champ de vision de l’image est très large, comme celle d’un fish eye, mais sans la déformation arrondie caractéristique. Cette particularité est plus difficile à imiter. On peut l’obtenir soit avec un fish eye et une correction informatique, soit avec un objectif très onéreux, soit en associant plusieurs images avec un logiciel d’assemblage panoramique. Complexe ou onéreux. Voilà donc un point avantageux du sténopé.

Le dernier d’entre eux est le temps de pose. Il est très long. En quoi est-ce un avantage ? Cela peut en devenir un si on met à profit cette caractéristiques pour visualiser le passage du temps. L’association d’un sténopé avec un papier négatif peu sensible permet d’obtenir des temps de pose extrêmement longs : 3 minutes en plein soleil, jusqu’à 12 minutes par temps couvert, plusieurs heures en intérieur. Difficile d’atteindre ces temps de pose avec un appareil classique. Même les filtres x1000, opaques comme des masques de soudeur, ne permettent pas de monter à plus d’une ou deux secondes en plein soleil. C’est sans doute le point le plus intéressant, amusant, mais moyennement rationnel. Une image au sténopé n’est plus un instantané, mais un enregistrement du temps. On doit attendre à côté de l’appareil. Patienter, discuter avec les curieux, j’ai même lu que certains en faisaient une méditation…

J’avoue ne pas avoir consciemment tenté de combiner toutes ces particularités dans l’image ci-dessus, mais je me suis rendu compte qu’elle y étaient presque toutes : le flou onirique, le très grand angle (environ 15mm) qui donne l’impression qu’une C3 est une grosse berline allemande, et le temps de pose de 9 minutes. Voilà qui me donne des pistes sur les prochaines images au sténopé : toujours mettre en avant une ou plusieurs de ces particularités, mettre à profit l’outil.

Chambre FKD 13×18 cm
Sténopé 0,3 mm
9 minutes d’exposition
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau


Énergie renouvelable

Dans la terre meuble, sous l’inquiétant bourdonnement électrique, là où les lignes haute tension se rejoignent, je mesure l’exposition et me rends compte qu’il faudrait vraiment investir dans un obturateur si je veux mettre en avant les effets de bascule et de décentrement de la photo à la chambre. À f/64 tout est net, quel est l’intérêt ? Il reste celui barbouiller le papier au pinceau une fois de retour… et de retourner sur ebay.

Chambre FKD 13×18 cm
Industar 37 (300 mm) 2 secondes @f/64
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau