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 Les disques  ( musique / disques )

Voici la sélection de disques. C'est classé vaguement par genre. Dans certains domaines comme le blues, le classique, je suis assez peu compétent, à mon grand dam. Si vous connaissez des disques qui vous semblent mieux dans le même genre, n'hésitez pas à m'en faire part. Je me sentirais moins seul.

DU NOUVEAU

Pauline Croze - Pauline Croze (2005)
Un vrai vent nouveau dans la chanson française. La synthèse de tous les éléments nécessaires à un disque parfait : une voix, à la fois chaude et rugueuse, qui perce les émotions ; des mélodies surprenantes et faussement simples ; des rythmes chaloupés et inventifs. Pour finir des textes sensibles et bien sentis. Conclusion : le frisson et l'envie de chanter à tue-tête à chaque écoute. (C'est ce que je fais d'ailleurs).

Sweet Back - Amok (2000)
Un peu de promo pour un petit label indépendant. Une sorte de groove-jazz, trio saxo / basse / batterie. Les attaques sèches de la batterie et du sax, équilibrées par la rondeur chaude de la contrebasse. Des riffs terriblement efficaces pour des morceaux simples (dans le bon sens du terme) et groovy à souhait. Comment on peut faire aussi bien en étant si peu connus ? Uniquement par correspondance chez Shoshin Sounds. Allez-y voir.


POP ROCK

Blur - 13 (1999)
Grand moment. Du rock comme il en faudrait plus souvent. Pas deux morceaux pareil et des surprises à chaque instant : sonorités distordues, morceaux déstructurés passant du violent au lancinant. Parfois un instrument indéterminé sorti de nulle part chante un instant une phrase folle avant de disparaître à jamais.

Serge Gainsbourg - Histoire de Melody Nelson (1971)
Peut-être le disque le moins connu de Gainsbourg. Il semble qu'il y ait un phénomène autour de se disque qui est comme mythique pour les quelques "initiés" qui le connaissent. Et pour cause : c'est une merveille d'instrumentation funk, des morceaux fleuves emmenés par un orchestre symphonique. Des ambiances et des paroles sulfureuses à souhait. Un énorme classique.

Eels - Beautifull freak (1996)
Eels, c'est l'exemple type du groupe de Pop intelligente. Ici c'est leur premier album mais tous les suivants sont plus ou moins du même tonneau : de l'inventivité à revendre, des passages farfelus, des balades mélancoliques ou énervées. Une ambiance folk/rock un peu sombre parsemée de sursauts joyeux... assez indescriptible. En tout cas un réel talent d'écriture. Je suis fan.

Morphine - The night (2000)
Le trio rock le plus biscornu qui soit : slide basse, saxo, batterie. Un groupe à part aux influences profondément blues et jazzy. L'atmosphère est trouble, à fleur de peau. Ce disque est le dernier du groupe (le chanteur est mort avant sa sortie), plus léché il est aussi plus mélancolique et biscornu à la fois. Étrange qu'un groupe aussi original et d'une telle qualité soit passé aussi inaperçu.

Radiohead - Kid A (2000)
Les Radiohead ils n'ont pas peur, ils cherchent, expérimentent. Cet album est une réussite totale. D'une variété immense. Des ballades en apparence classique où surgissent des moments chaotiques, des morceaux expérimentaux dépouillés, heurtés et émouvants. Un exemple de l'utilisation intelligente des outils électroniques musicaux.

Tom Waits - Alice (2002)
Tom Waits a un peu l'apparence de "Salvadore" dans le Nom de la Rose et la voix d'un Louis Armstrong alcoolisé. Ça musique pourrait être celle d'un cirque itinérant en plein coeur du Far West, avec son lot de monstres étranges et troublants. Tout un univers sépia, inquiétant et romantique. Une instrumentation d'un autre âge, entre balades bizarres, chansons folks grotesques et vieux jazz de coin de saloon. Excellent.


ELECTRO

Archive - Londinum (1997)
Ambiances de nuit. Les rythmes de hip-hop sonnent, chaloupés, tandis qu'un violon s'écrase dans un orgasme terrible. Un album qui s'écoute sans répit, même si parfois on a envie de dire au chanteur de se taire deux secondes.

The Cinematic Orchestra - Every day (2002)
Là, c'est la grande classe. Des rythmes jazzy-electro sous perfusion, une bonne grosse contrebasse qui vibre, bien vivante. La fusion réussie (et c'est rare) de l'électronique et de l'organique, samples aériens, saxophones et harpes lyriques, batterie chaleureuse. Tout ça s'envole, avec parfois des voix soul savamment dosées, bien loin des artificiels et ennuyeux collages jazz/techno/house.

Kruder & Dorfmeister - The K&D sessions (1999)
Cet album rassemble tout ce que le trip-hop a de meilleur. Des influences drum & bass, aux rythmes latinos, en passant par la noirceur de Massive-Attack. Un album de mix langoureux, furieusement inventif et varié. K&D ont réussi a remixer des morceaux en les rendants supérieurs aux originaux (c'est rare).

Lamb - Fear of fours (1999)
Passé les premières écoutes qui m'avaient laissé un peu froid, j'ai fini par me rendre compte que ce disque était excellent. Les rythmiques des morceaux sont archivariées (junglo-trip-hopo-jazzesques ?), les mélodies sont subtiles mais bien senties, les samples incisifs. C'est surtout une ambiance à part, quelque chose d'indescriptible qui ne se laisse pas classer facilement. Chanson jazz-soul électronique ? Après tout on s'en fout.

Massive Attack - Mezzanine (1997)
L'album le plus rock des pionniers du trip-hop. Des sonorités obscures, parfois oppressantes, parfois aériennes. Les voix d'Horace Andy et de Liz Fraser réussissent à rester au service de la musique pour un voyage entre rock et électro. Déjà un temps d'avance à cette époque.

Mùm - Finally we are no one (2002)
On pourrait croire que c'est une espèce de bidouillage électronica, un genre de musique d'ascenseur. Ce serait une erreur, au contraire ce disque doit être savouré avec la plus extrême attention, sans quoi on risque de passer à côté de sa finesse et de sa subtilité : un tissage de voix et de sonorités mélancoliques, émouvantes et apaisantes, un voyage dans les paysages nordiques.

Portishead - Roseland NYC live (1997)
Il s'agit du live suivant la sortie du deuxième album de Portishead. L'orchestre symphonique qui accompagne le groupe à cette occasion donne une dimension et un souffle supplémentaire aux morceaux parfois un peu mécaniques et très "séquencés" des albums studio. L'émotion est à fleur de peau, suspendue à la voix de Beth Gibbons toujours aussi écorchée.


JAZZ

The Bad Plus - These are the vistas (2003)
Des fous ! Un trio de cinglés (piano, contrebasse, batterie) qui dynamitent le jazz, inventent le jazz de routier, font des reprises chaotiques de Nirvana, d'Aphex Twin, de Blondie. C'est virtuose ou planant, drôle ou envoûtant. C'est complètement dingue et laisse un bon goût de reviens-y. Qui c'est ces types ?.

Lionel et Stéphane Belmondo - Hymne au soleil (2004)
Je sais que ça peut faire peur, puisqu'il s'agit d'adaptations jazz de morceaux classiques du début du XXème siècle, mais il faut dépasser l'a priori. C'est extrêmement fin, les harmonies sont archi-fouillées, vibrantes et vous embarquent. L'ambiance est classieuse, mystique parfois (à la John Coltrane). Quelques longueurs ? Bof, tellement de bonheur.

Stan Getz, João Gilberto - Getz/Gilberto (1963)
La rencontre historique du jazz et de la samba qui voit dans ce disque (selon certains) la naissance de la bossa nova, ou du moins l'album qui l'a fait connaitre. Des mélodies enveloppantes et sensuelles. Les voix et l'ambiance du Brésil surlignées par le saxophone de Stan Getz qui joue tout en finesse et en subtilité. Le genre de disque qui vous laisse un sourire niais sur le visage.

Herbie Hancock - Head hunters (1973)
Du vieux fonk bien fonky, c'est Starsky et Hutch dans leur bagnole rouge et blanche qui poursuivent les méchants. Hancock joue des claviers comme d'une guitare wa-wa, ça fourmille, ça bouge, c'est démodé à souhait. Bref un disque qui met la pêche.

Keith Jarrett - The Köln concert (1975)
Plus d'une heure de piano solo en totale improvisation (il parait). L'ambiance de ce disque est proche de celle d'une musique de film, avec des passages d'un lyrisme à vous arracher les larmes des yeux. Jarrett, qui humainement serait plutôt un sale type, fait preuve d'une sensibilité fabuleuse derrière son piano. Et le final : une merveille !

Erik Truffaz - Bending new corners (1999)
Je ne suis pas un pro en jazz, mais je m'y met. Et là c'est d'autant plus facile qu'il s'agit d'un mélange de free jazz et de jungle. C'est planant et rythmé à la fois, entre Miles Davis et Roni Size. 100% acoustique. Truffaz (qui est trompettiste) a une technique étrange : on dirait parfois que la trompette va s'étrangler en pleurant, résignée.
Un concert


CLASSIQUE

Bach - 6 suites pour violoncelle seul (1717-1723) (Anner Bylsma)




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