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 Agiter les bras  ( pensées / blues )

Flotter. Comme ça, dans l'air, à 100 mètres au dessus de tout le monde. Flotter, immobile, et regarder les gens agiter les bras. Des Playmobils® minuscules qui courent en tout sens, on dirait un film passé en accéléré. C'est de ça qu'ils ont l'air vus d'en haut.

A 100 mètres du sol le vent s'approche de vous et vous frôle au dernier moment. Les oiseaux vous observent de loin, intrigués. Les bruits d'en bas ne sont plus que des murmures étouffés, le bruit d'une télé allumée dans la pièce d'à côté.

Tout cela n'a aucune importance.

En bas ils s'agitent, se courent après. Leur effervescence s'auto alimente et se propage. La panique est une pandémie, elle se transmet par un simple contact. Rares sont ceux qui en réchappent.

Au loin les fourmis-gens galopent, déplacent dix fois la même brindille pour finalement la remettre au même endroit. Ils gesticulent, agitent les bras mais sans voler pour autant. Le nez dans le guidon, sans recul sur leur absurdité, sans aucune vision d'ensemble.

Flotter. Comme ça, à 100 kilomètres au dessus de tout le monde. La terre est une grosse boule bleue et blanche. Il n'y a plus aucun bruit. Il ne se passe rien. Des sphères de roche foncent dans l'espace à des millions de kilomètre à l'heure en tournant sur elles-mêmes. On ne devine même plus l'existence des Playmobils®, on ne voit plus leurs bras s'agiter. Ils sont une quantité négligeable.

Tout cela n'a aucune importance. On est bien.

juillet 2004

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