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 Comme moi  ( pensées / blues )

Si tout le monde était comme moi on n'aurait pas besoin de fermer sa voiture et son appartement à clef. On n'aurait pas besoin de police ni de tribunaux. On pourrait aller n'importe où sans rien craindre du tout. Il n'y aurait plus de scooters, ni de mobylettes, ni de voitures qui font boum boum en passant. Il n'y aurait plus de bruits.

Si tout le monde était comme moi les agences matrimoniales fleuriraient à tous les coins de rues. Les samedis soirs seraient silencieux et un peu effrayants. Il y aurait simplement des petits concerts dans les bars et personne ne crierait dans rues. Ce serait beaucoup plus calme. Ce serait un peu chiant.

Si tout le monde était comme moi, on serait saturés de jeux de mots à la con. Tout le monde il serait gentil. Personne ne choisirait pour les autres, on ne se ferait plus jamais engueuler. Les libraires et disquaires deviendraient les seuls commerces rentables.

Si tout le monde était comme moi les télés seraient obligées de fermer, trop peu d'audience. Les publicitaires arrêteraient de bosser en constatant l'inefficacité de leurs messages. L'économie se casserait la gueule faute de gens motivés pour produire et vendre des trucs. Il n'y aurait plus que des gens qui traînent dans les rues le nez en l'air, qui traînent et fouillent dans les bibliothèques.

Si tout le monde était comme moi la démographie se casserait la gueule faute de gens qui se reproduisent. Les opérateurs de téléphonent mettraient la clef sous la porte. Les gens se parleraient beaucoup moins. Ils ne parleraient pas pour ne rien dire. Mais ils auraient aussi du mal à parler des choses importantes.

Si tout le monde était comme moi il ne se passerait plus grand-chose. On s'emmerderait un peu. On serait largués, avec personne pour nous dire quoi faire et où aller. Mais quand même, je me sentirais un peu mieux.

octobre 2004

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