Ce soir, en faisant réchauffer le chili con carne de chez carrefour®, je me suis demandé pour la vingt-troisième fois
de la journée, ce que je pouvais bien foutre ici. Ici, je veux dire là, maintenant. J'en ai sérieusement marre de m'agiter sans raison,
de me soucier pour rien, de me traîner n'importe où, et surtout de me lever le matin.
Un psy de chez Europe 2 me dirait sūrement que
c'est le manque de soleil, c'est de saison. Il me faudrait une cure de vitamine C, la vie est tellement plus belle en mangeant une
clémentine le matin. Mais non, ça doit être noël. C'est sans doute d'entendre Tino Rossi ou un quelconque chanteur dégoulinant à vomir dans
les rayons de chez carrefour® (mon sponsor officiel). C'est sans doute d'entendre Ivan Rebrof ou un quelconque chanteur dégoulinant à vomir
dans les rues vers le marché de noël. C'est sans doute de voir les ados pré-post-pubères brailler avec un bonnet de père Noël qui clignote
sur la tête en faisant semblant d'être à l'aise avec les filles qui gloussent comme si elles trouvaient ça drôle.
À moins que ce ne soit de
me faire presser comme un citron dans les rues surpeuplées de parents pressés d'acheter le dernier machin en plastoc ou en silicium ou les
deux pour essayer de perpétuer le mythe du vieux barbu.
À moins que ce ne soit de me lever le matin pour rien, de stresser la journée
pour rien, de rentrer le soir pour personne. Ou alors c'est de me voir louper tout ce qui m'entoure et éviter soigneusement les risques.

Ouais c'est peut-être plus ça. Je voudrais m'endormir et ne jamais me lever. Pour ne pas savoir que pour une
journée de plus je ne vais pas pouvoir affronter cette vie qui décidément est hors de ma portée. Prolonger indéfiniment cet
instant du matin où le lit est l'endroit le plus merveilleux du monde. Un utérus de tissus, un ventre doux et chaud. Mais chaque
matin je revis l'inconvénient d'être né.
Allez courage, bientôt noël... et le riz va finir par être trop cuit.
décembre 2003