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 Parfois  ( pensées / blues )

"Le même sentiment d’inappartenance, de jeu inutile,
où que j’aille : je feins de m’intéresser à ce qui ne
m’importe guère, je me trémousse par automatisme
ou par charité, sans jamais être dans le coup, sans
jamais être quelque part. Ce qui m’attire est ailleurs,
et cet ailleurs je ne sais pas ce qu’il est."
Cioran


, maintenant, marre. Blasé je suis. Comme si d’un coup plus rien. Comme si d’arrêter quelques instants me montrait ce qui est vraiment. C'est-à-dire rien de bien valable. Un long couloir de travail avec quelques portes par lesquelles on regarde en passant. Sa longueur est à peine imaginable. L’imaginer donne la nausée. Avancer doucement, en regardant ses pieds, éviter de se poser des questions.

parfois Plus personne ne me suit dans cette histoire. Ne plus voir ses amis qu’en coup de vent. Ne plus être avec eux qu’en pensant à la fin du week-end. Ne plus raisonner qu’en fin de vacances et en remplissages de week-end.

Ne plus croiser que des visages stressés, voir partir et revenir les gens en dépression. Être un spectateur distancé, agir en n’y croyant pas tellement. Se laisser entraîner, laisser traîner ses idées. Ne rien prendre à bras le corps et ne rien voir passer. Ne pas voir passer.

Parfois se prêter au jeu, sans arrière-pensées. Parfois croire à l’importance des choses et se sentir utile. Parfois y croire et s’impliquer, pour mieux se leurrer.

Parfois voler haut, bien au dessus. Planer, mais pas trop longtemps. Ça fini toujours par se voir.

Jouer un jeu que l’on ne trouve pas très drôle. En accepter les règles imbéciles et bancales.

N’attendre qu’autre chose, toujours et à chaque instant. N’attendre que quelqu’un autre. Attendre et ne rien voir venir. Attendre et ne pas chercher.

juillet 2002

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