Je lis souvent des bouquins de ce genre. Des bouquins qui nous disent qu'on a pas le droit de se morfondre, que le bonheur c'est un choix...etc.
Moi j'ai tendance à vouloir y croire, c'est un peu pour ça que je les lis, ces bouquins. Mais après tout j'en suis plus si sûr.
Ça fait plusieurs milliers d'années que l'homme existe, un peu moins qu'il sait écrire. Et depuis tout ce temps il se plaint.
Chagrins d'amour, tragédies, mal de vivre, routine, absurdité, bêtise crasse. Alors tout ces gens qui en 200 pages et 29F90 nous disent que le bonheur c'est facile,
je me demande si eux même ils y croient.
Je me suis souvent demandé quelles étaient les causes des douleurs. Vaguement biologiste, et un peu au courant de ce que dit Darwin, je me suis dit que tout a un but, pour répondre à l'environnement.
La sélection naturelle, tout ça. La douleur physique a un rôle protecteur. Si tu viens de te faire une fracture ouverte du tibia, il vaut mieux pas continuer à marcher sur un bout d'os plié à 90 degrés,
ça n'arrange rien, donc on a mal.
Mais la douleur morale ne rentre pas dans cette grille de lecture. A quoi ça sert donc d'être triste ? J'aurais bien une réponse : c'est que tout marche par contraste.
Les bonheurs sont des éclaircies, des petits instants toujours trop courts où tout est facile. Après tout on ne vit que pour ces instants.
Quand on voit des gens qui ont tout perdu, vous savez au journal de 20 heures des femmes en chiffons dans les pays de l'Est, ou un lépreux dans un hospice.
On se dit que la vie a le dessus, que c'est fort de s'accrocher comme ça à la vie. Je me demande... Je ne pourrais pas. Pour moi ça relève de l'abrutissement, de l'apathie.
Mais ça ne dit pas à quoi sert d'être heureux ou triste ?
Est-ce que conscience, réflexion et douleur sont forcément liées ?
février 2001