bord
idées gueule blues pensées

blues   


 Ça pue !  ( pensées / gueule )

Il y a une méthode étrange, mais fréquemment pratiquée, qui consiste à mettre le nez au dessus des chiottes et à crier "ça pue la merde !". On peut aussi appeler ça le syndrome Guy Carlier.

Explication : sur France Inter il y a un mec (Guy Carlier donc) qui est payé pour regarder les émissions de daube à la télé et pour en faire un compte rendu sarcastico-humoristique le lendemain. Exercice un peu facile à mon goût, même s’il faut bien avouer que le mec en question est assez bon. N’empêche. Sur le principe ça reste très con, presque plus pathétique que les émissions en elles mêmes. Le prétexte de la dénonciation ne fonctionne même pas, puisque les gens qui regardent ces railles (oui c’est bizarre comme mot mais c’est ce que Word® me propose comme synonyme pour daube), n’écoutent sans doute pas France Inter.

Pour filer la métaphore des chiottes entamée ci-dessus, le but est de traîner dans les bars foireux et glauques pour aller aux toilettes en espérant que ça fouette bien fort. Pratique à peine mazo étant données toutes les odeurs de pisse qui nous assaillent certains soirs de week-end, sans compter les merdes de chiens qui viennent se jeter sous nos pieds. Personnellement je suis pas fan, il y a suffisamment de choses qui puent et qu’on ne peut pas éviter, pour perdre son temps à mettre le nez au dessus de la merde quand on peut s’en passer.

Revenons à la télé. On a la chance de ne pas vivre dans le monde de Georges Orwell avec un télécran encastré dans le mur qui balance la propagande du parti et qu’on ne peut jamais éteindre. C’est encore plus vicelar, puisqu’on les regarde en conscience, toutes ces merdes qu’on nous assène. C’est pourtant vachement simple : sur tous ces bidules qui parlent et qui font du bruit il y un bouton off. Il suffit d’appuyer dessus et de faire autre chose. Et ça marche pour les autres médias. Sur le web y a des milliards de pages, en un clic on est ailleurs. Des bouquins y en a des milliers qui sortent chaque année. Sur ma radio aussi y a un bouton off. D’accord, des fois c’est power mais ça marche aussi.

Concrètement il y a suffisamment de cons sur la route, de cons au boulot, de musique dans les super marchés, de pubs sur les murs et les abris bus, pour en plus se taper Combien ça coûte, le Bachelor ou Vis ma vie pour le simple plaisir de descendre en flèche la médiocrité de ces bouses. Et je ne vise pas que Guy Carlier.

Moi j’aimerais bien qu’à la place on me parle de trucs vachement bien et pas connus. Des reportages tordus sur Arte, d’un bouquin d’un quidam ignoré qu’aurait traversé les Andes à pied. Je sais pas moi, des trucs avec des vrais morceaux de talent dedans.

Conclusion : face à la médiocrité télévisuelle, on peut accepter (=regarder), se battre (=critiquer), ou fuir...

Merci Henri (Laborit), tu devrais être obligatoire en philo au lycée.

février 2004

m'écrire