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 J'assume, tu vois  ( pensées / gueule )

Parmi les arguments à 2 euros (et c'est cher payé), de ceux qu'on pourrait sûrement entendre dans les couloirs pastels d'une émission de télé réalité ou peut être d'une entreprise, on trouve le : "ouais mais tu vois j'assume complètement".

Il serait intéressant de dérouler la logique de ce raisonnement fabuleux. Le "j'assume" est le plus souvent utilisé pour excuser/justifier un comportement qu'on pourrait juger déplaisant mais qui, du coup, ne le serait pas, puisque parfaitement assumé. Logique non ?

Ainsi une personne chiante, mais qui ne s'en rendrait pas compte serait inexcusable, donc définitivement chiante. Par contre, une autre personne chiante et qui assume ce n'est pas pareil. Mais alors pas du tout. Par exemple un gros con qui serait fortement méprisant, mais qui assumerait son caractère, deviendrait par la même bien plus sympathique. Et oui, c'est évident.

L'avantage de ce concept est qu'il se transpose à presque tout : un violeur qui a bien conscience de ses problèmes hormonaux, c'est quand même pas si grave. Un nazi qui fait exécuter un village entier, mais qui assume, ça me rassure. Je préfère. J'avais cru qu'il ne se rendait pas compte, dites donc.

Alors, si vous avez aussi des défauts. Si parfois vous avez l'impression de faire souffrir votre entourage involontairement, par vos actions ou votre inaction. Si cela vous peine. J'ai la solution : assumez et on n'en parle plus. C'est tellement plus simple.

Vous aviez cru qu'on était responsable de nos actions sur les autres, que c'était ça qu'on appelait assumer. Et bien non, ce terme a pris un nouveau sens bien plus adapté à notre époque. Assumer maintenant c'est se dire "ouai, c'est pas sympa ce que je fais mais je suis comme ça, alors bon voilà quoi". C'est vrai que ça va bien nous simplifier la tāche...

Pour résumer : avoir conscience de ses défauts ce n'est pas les éliminer. Enfin en gros quoi.

Voilà c'était la leçon de morale du soir, bonsoir

juin 2004

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