Cela se passe le plus souvent les soirs d'étés, ou de printemps s'il fait suffisamment doux. C'est la fin de la journée et un vent léger se lève.
Cela se passe dans un parc, un chemin de campagne. Il y a un groupe de gens avec des enfants qui se promène et profite des derniers rayons de soleil. La scène pourrait presque être gnan gnan si on ne trouvait parmi eux la jolie maman.
Vous l'avez forcément déjà vue. C'est obligé, on ne voit qu'elle.
Elle marche lentement dans sa robe d'été. La bleue claire, celle avec des fleurs. Comme elle a un peu froid, elle a passé un gilet léger qu'elle garde fermé en croisant ses bras sur sa poitrine. Elle marche lentement, la tête un peu baissée, penchée sur le côté.

Non loin d'elle, un petit garçon soulève des nuages de poussière en grattant le sol avec un bâton. Une petite fille est accroupie et ramasse avec précaution des cailloux sur le bord du chemin. La jolie maman les regarde avec un sourire protecteur, sereine.
Elle marche lentement et le vent fait flotter sur sa nuque les cheveux qui ont échappé à son chignon. Elle a ce mouvement des jambes qu'ont les gens qui marchent sans aucune hâte, cette façon de lancer le pied comme pour frapper le sol avec le talon.
Elle fait semblant d'écouter les gens qui parlent avec elle, sa belle sœur, son amie. Elle acquiesce de temps en temps en penchant la tête, répondant d'un air distrait. Mais elle ne les écoute pas, trop occupée à profiter de cet instant.
Elle ressemble à ces actrices américaines des années 50. Cette élégance modeste. Cette beauté discrète.
Je suis un peu amoureux de la jolie maman.
juillet 2004