Pérégrinations orbitales. Le titre en jaillit comme un couperet. Couplet de larmes et dents de scie, c’est ce qu’il attend. Comme moi je l’attends. Désirs latents et ombres sales,
dans les salles d’eau où elle stagne. Propice. La vie nécessite qu’on laisse un peu tremper. Malaxer doucement, laisser revenir et essorer quand le vent commence à se lever.
Il transperce, cheveux haut vent sur un front cabossé. Sourcils soucieux scrutant un visage qui ne l’est pas moins. Ah, les trames ! Enchevêtrés des neurones ambidextres,
brouillons apprivoisés des cartes magnétiques. Chiffres mémorisés, claviers gras des bouts de peau et de sueur fanée.
Idem, la sœur entre, cahotant de sa jupe en fleur, talons ancrés de certitudes et d’insécurité. Malhabile, elle l’est de tout son long, en rondeurs
étalées, trébuchant prestement.
Pour obtenir les plus belles éliminations, de celles qui grattent au ventre, au plus profond, le temps suffit largement. Ses doigts s’y collent, où suintent les argiles qui forment ses contours.
Onduler, par ci par là, vaciller. Un accroupi atteint la paix dans son sillage de renoncement, bien heureux de n’avoir rien à affronter, de ne ressentir que ses muscles immobiles.
C’est la douleur qui fait vivre. Taches de suie inondent, immondes, les places qui étaient réservées.
Un train n’attend que son propre départ, indifférent aux destins qu’il noue, en quais de gare et sifflet casquette. Les larmes aux bagages à la main, aux non-adieux d’absence et ses
départs solitaires. Les rangées de reflets au plafond distillent leurs regards vides et sourires niais à mes yeux. Qu’un geste sous mon nez me rappelle à l’insatisfaction.
C’est pour une fois - la dernière - en occasions qui se terminent, en voiture s’il vous plait, la compagnie des va-sans-vie vous accueille en ses bras de tissus, au centre de vos cœurs.
octobre 2001