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 Les poèmes  ( prose / poèmes )

Voici quelques poèmes en prose (ou non). Ce qu'il faut savoir, c'est que je ne prétends pas être un Rimbaud ou un Mallarmé. Ces quelques poèmes ont été écris d'une traite, sans travail particulier, juste avec l'émotion du moment. (Sauf ceux en rimes.) Moi je les trouve plutôt jolis mais ça n'engage que moi.


Au détour d'une rue
Une rue grise d'ombres
L'ombre d'une inconnue
L'inconnue de mes songes
Songe à l'homme fleuri
Qui fleurira sa tombe.

une exception : celui ci est en vers
Quelques bons amis

Quelques bons amis vivaient leur folle jeunesse
Peuplée de rires, de cris et de soirées d'ivresse.
Ils gouttaient la vie et tous les bonheurs faciles,
Mais tous au fond d'eux rêvaient d'une pure idylle.

À chacun il manquait une main, une joue,
Une fille qui viendrait, là, se pendre à leurs cous.
Quand elles vinrent ils furent ravis d'enfin se nicher
Pour de bon contre un sein sans avoir à tricher

Ils n'ont pas vu que ces corps chauds les séparaient.
Que leur complicité d'antan se disloquait.
Quoi l'amour n'est il pas ce qu'il y a de plus beau ?
Le goût du risque vaut-il celui d'une peau ?

Les cheveux de leurs blondes, et leur soif de beauté
Ont eut raison d'eux tous et de leur liberté.
Ils ont enfin trouvé le calme et la sagesse,
Leurs idées consumées, perdues comme leur jeunesse.

 

À l'absurde de ma vie
Bercée de tant de doutes,
Elle ajoute, triste et confiante,
Une blessure de plus.
Et gorgé de cette orgie
De douleurs suppliantes,
Je m'inflige sans répits
Toute son indifférence.

N'ai-je choisi en conscience
Une idole inaccessible
Que pour mieux me porter
Le coup qui fera grâce ?
Faible turbulence
Sans traces dans son lit,
Je m'efface comme une onde
Qui s'échoue contre les rives.

Les saisons s'éteignent
Distantes et semblables,
Et toujours me rappellent
Que tout a eut un prix.
Autant que je me souvienne
Rien n'a jamais marqué
D'un succès bien présent
Le terme de ces années.

La tanche

Étoffe soyeuse
De fleurs écoeurantes
Et ineptes, il sied
Se rebiffe, futile dans
Son domaine d'ignorance.

Elle est tarie
D'envie.
Blessée à tort,
La mort
A perdu sa foi.
Un carrelage froid,
Rouge,
A reçu sa joue
Moite
Et ses mèches poisseuses.

L'automne d'une saison
Éclaire d'un jour nouveau
La misère du printemps.
Ses rayons moirés,
La beauté de ses couleurs
Cruelles de contrastes,
N'apporte que regrets
De toute cette futilité.

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