Posts Tagged bidouilles

Le cri / paréidolie


Des sorties avec la boite depuis laquelle je vois le monde, quelques respirations et des lumières rasantes, peu d’inspiration et des images rasantes, après inspection, peut-être y trouver un sens.

Appareil sténopé 18×24 cm
Sténopé 0,52 mm
4 minutes d’exposition
Papier Foma RC développé au caffenol

Chucks & Contax

À défaut d’être une photo passionnante, cette image va faire date dans mon petit historique de photochimiste.
Il s’agit de mon premier positif direct sur plaque de verre entièrement réalisé artisanalement, et dont le rendu commence à me satisfaire.
— Émulsion au gélatino bromure d’argent préparée à la maison (précédemment j’achetais une émulsion toute faite de chez Tetenal).
— Étalement manuel et séchage dans une boite inactinique ventilée bricolée cet automne.
— Révélateur positif à la vitamine C formulé maison en combinant des infos trouvées ici et là et adapté pour obtenir un positif (précédemment j’utilisais pour partie du Dektol de chez Kodak).
— Fixateur maison à l’hyposulfite.
Le rendu et l’objet obtenu se rapprochent de ce qu’on appelle un ambrotype : une image positive directe sur plaque de verre. Cette technique date de 1850, elle était initialement réalisée au collodion humide et non pas à la gélatine. Les émulsions à la gélatine n’ont été inventées que vers 1870, et ont été utilisées essentiellement pour la réalisation de négatifs. En faisant quelques recherches, j’ai cru comprendre que des photos positives ont été réalisés sur une base de gélatine aux environs de 1890 et jusqu’au début du XXe. Ces images étaient faites par des photographes de rue sur des plaques de métal (ferrotypes), voir de carton, car moins fragiles. C’était l’ancêtre du photomaton : les gens repartaient avec leur portrait. Malheureusement je n’ai trouvé aucune indication précise de la méthode de révélation utilisée.
Cette image est donc issue d’une méthode semi-anachronique : elle imite une technique de 1850, sur la base d’une technique de 1870 et anecdotiquement utilisée en 1890 sur plaque de métal, avec une technique de révélation issue de recettes modernes reformulées pour utiliser des produits peu toxiques…

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 3 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Psychédélisme gélatinesque

Les mises à jours sur le blog se font rares. Mon activité du moment se rapproche plus de celle d’un petit chimiste que d’un photographe. Une mise en parenthèse de créativité que je justifie par une étape nécessaire de découverte des procédés anciens, et ces derniers jours par une exploration en terrain chimique inconnu. C’est un terrain excitant, mais glissant. Le danger est d’oublier le but de la création d’image, de se cacher derrière la technique. Comme si l’exclusivité de la méthode justifiait à elle seule de prendre en photo une paire de chaussures. Je fréquente trop de groupes et de forums de photographie alternative abreuvés d’images barbantes pour ne pas connaître ce risque. L’élitisme d’un procédé ne répondra jamais à cette question majeure : qu’est-ce que j’ai à raconter ?

Ratage sur plaque de verre
Chambre FKD 13×18 cm
Industar 37 (300 mm) 20 secondes @f/4,5
Ambrotype par chimie domestique

Comment faire des photos d’intérieur au flash comme un pro avec un compact ?

[Attention, cet article est essentiellement à base de bidouilles et nécessite de faire les marchés aux puces ou l'Emmaüs du coin (voir de traîner sur ebay). Vous aurez aussi besoin d'un appareil compact avec des réglages semi-auto, voir manuels, et accessoirement de savoir vous en servir].
Vous n’avez pas d’appareil reflex et vous en avez marre d’avoir des photos en intérieur pourries ? Ou alors vous avez un reflex mais vous ne voulez pas le transporter toujours avec vous ? Ou alors vous avez un reflex mais vos amis ou votre famille se figent comme des lapins dans des phares  de 4×4 quand vous le dégainez ? En gros vous voulez utiliser un compact mais avec un éclairage flash de pro, et en plus pour pas cher ? Vous êtes cinglés mais j’ai peut être une solution pour vous…

Lire la suite >>

Dijon, accéléré

Depuis cet été j’ai repris un projet de time lapse un peu plus poussé et ciblé sur Dijon. J’ai investi dans un filtre permettant d’obtenir des poses longues et donc des mouvements fluides même en plein soleil, car j’envisage de montrer des mouvements rapides de personnes ou de véhicules.

La version ci-dessus n’est qu’une petite démonstration en basse définition. Si votre connexion tiens la route, allez voir la version HD en suivant ce lien, et passez en plein écran…

Je prévois de demander à la ville des autorisations pour tourner dans des lieux spécifiques, avec des idées bien précises, des vidéos plus originales que sur cette simple démo et en suivant différents thèmes, ce sera la surprise !

Ah oui, et l’idée est également de demander à des artistes dijonnais pour les musiques associées ! To be continued…

Autoportrait à l’oignon

Chaque format photographique a ses caractéristiques propres, depuis le daguerréotype, en passant par le collodion humide ou le Polaroid. On peut regretter d’avoir perdu le rendu des films argentiques, bien qu’on puisse encore acheter un choix conséquent de films, et que le prix des bons appareils d’occasion soit très accessible. On peut en revanche essayer de s’approprier les caractéristiques du numérique : comme le Polaroid, les compacts numériques ont un rendu spécifique car ils sont imparfait techniquement. Il y a une texture que mon petit compact donne parfois, un effet qui apparait dans certaines conditions et que j’ai essayé de reproduire dans cet autoportrait à l’oignon. Pour le moment je ne parviens à reproduire cet aspect lissé et pictural qu’avec mon compact, avec le reflex, des problèmes de profondeur de champ apparaissent, et l’aspect trop parfait techniquement ne donne pas ce même effet de peinture en clair obscur. J’y travaille encore…

Coucher de lune

Voilà enfin mon premier time lapse nocturne réussi.
Les time lapses sont des vidéos accélérées permettant des visualiser des mouvements trop lents pour être perçus à vitesse normale. Je ne crois pas qu’il y ait de terme français équivalent. On peut adapter cette méthode à tous les sujets : plantes qui poussent, mouvements de nuages, trafic de voiture… Pourquoi une vidéo dans un site de photo ? Parce qu’on les réalise avec un appareil photo : en prenant des photos à intervalles réguliers et en les assemblant en vidéo. La technique me fait penser à une photo animée, il faut choisir un cadrage, qui restera fixe, régler l’exposition, ensuite il faut prendre plusieurs milliers de fois la même photo. voilà ce que ça donne :


Cette vidéo a nécessité 2300 photos, avec un petit appareil compact et un logiciel à ajouter sur la carte mémoire pour permettre la prise de photo en série. Temps de pose de 2 secondes, photos toutes les 8 secondes pendant 5 heures.
PS : visiblement l’équivalent français de time-lapse est tout simplement “accéléré.