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Penn-ar-Bed (bro Leon) #2

L’odeur du caffenol n’arrête pas de flotter dans les parages. Des vieux films remontent à la surface, avec eux, des envies de photos de rue. “Wear good shoes”…

Yashica 12 – Ilford HP5+
Développement au Caffenol CH


Penn-ar-Bed (bro Leon) #1

La suite de la série Yashicaffenol. Après le calme aoûtien, les pellicules se terminent doucement et passent tour à tour dans leurs petits bains de café.

Yashica 12 – Ilford HP5+
Développement au Caffenol CH

La clairière

Ne pas négliger l’importance de la préparation et de la persévérance en photographie. Partir avec seulement 4 châssis grand format chargés de papiers photo incite à ne pas photographier n’importe quoi, à ne pas gâcher du temps et du papier. Mais parfois, même en ayant une idée en tête, la lumière ne se prête pas au sujet que l’on a repéré. Lors de mon premier passage dans cette clairière, la lumière était à contre jour, éclairant seulement la marre par taches et plongeant le bâtiment dans l’ombre. Une approximation à la louche de la course du soleil dans le ciel m’a indiqué que le matin serait plus propice à une belle mise en lumière. J’aurais pu me décourager, mais le lieux était suffisamment magique pour m’inciter à y retourner spécialement dans les bonnes conditions. J’y suis donc retourné deux jours plus tard, juste à temps avant le contre jour.

La photo de ce lavoir est le parfait miroir de la photo de la dernière fois au cours de laquelle je parlais de sérendipité, et qui justement a été prise de manière imprévue non loin de ce lavoir lors de ma première tentative ratée. Les contre jours peuvent parfois avoir leurs bons côtés.

(Pour ceux qui souhaiteraient se rendre dans ce minuscule havre de paix, il se situe à Curtil-Saint-Seine, dans une combe au bout du chemin qui part de l’église).


Chambre FKD 13×18 cm
Sténopé 0,3 mm
15 minutes d’exposition
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau

Le temps de la pensée

J’ai pour habitude de détester les analyses artistiques alambiquées, de celles qui ressemblent à des justifications a posteriori qui se saoulent de leurs propres mots. Pourtant je réfléchissais l’autre jour – encore – à la photographie au sténopé, au temps de pose long et à ses conséquences. J’étais occupé à faire un classement des différents temps de pose et des processus mentaux qui pouvaient y être associés. Je vous expose ici le fruit de ces réflexions, je crains qu’il ne ressemble lui aussi à une justification a posteriori, mais puisque j’en suis l’auteur, je ne parviens pas à la détester.

Pour l’immense majorité des photos que nous rencontrons, le temps de pose de la prise de vue est inférieur au quart de secondes. C’est logique : un temps de pose plus long nécessite l’utilisation d’un trépied, faute de quoi l’image sera floue. Depuis l’invention du gélatino-bromure à la fin du dix-neuvième siècle et son amélioration au début du vingtième, les films photographiques sont suffisamment sensibles pour permettre des temps poses assez courts pour la prise de vue à mains levées. Depuis ce temps, le trépied a été relégué dans l’attirail du photographe “pro”, et encore, pour des besoins spécifiques. Ainsi, les photos habituelles sont une capture de fines tranches de temps d’une fraction de seconde. Des instantanés. Que peut-il se passer mentalement pendant une fraction de secondes ? C’est le temps de la perception immédiate, de la sensation brute, physique. C’est le temps du signal nerveux, du reptilien. Même la peur n’a pas le temps de se manifester, le mouvement de recul précédera la peur qui le justifie. C’est le temps du réflexe.

Entre l’instantané et le sténopé, on trouve une catégorie intermédiaire et bâtarde : la pose longue, mais de durée modérée : seulement quelques secondes. On y trouve les photos floues, les filés, les poses nocturnes sur pied. La première différence porte sur l’utilisation d’un trépied, et le temps d’installation qu’il nécessite. C’est une préparation, une réflexion en amont. Mais la durée de la pose en elle même correspond au temps de l’émotion. En quelques secondes, on dépasse le temps de la sensation, l’émotion a pu s’installer, le cerveau mammalien s’activer. En quelques secondes, la joie, la colère peuvent s’exprimer, mais la compréhension reste balbutiante, les mots et les pensées n’ont pas le temps de s’organiser.

Enfin, nous arrivons sur les terres du sténopé sur papier, celui des poses de plusieurs minutes. À ce moment de la démonstration, vous avez bien compris que l’on arrive au stade de la pensée, de la réflexion, de la compréhension, celui du néocortex. Je sais bien que la théorie du cerveau triunique est périmée, mais autant terminer le parallèle. Après tout il s’agit d’un enfumage verbal, d’une justification a posteriori, ce ne sont pas des concepts scientifiques obsolètes qui vont m’arrêter. Donc, en plusieurs minutes vous avez le temps de vous interroger, d’imaginer. Le fil des pensées peut se dérouler, se construire. Le dialogue intérieur peut suivre son fil plus ou moins logique. Vous pouvez réfléchir à la signification – ou à l’inutilité – de ce que vous faites. Vous avez même le temps de discuter. (Au cours de cette photo de l’autre jour, quatre personnes sont venues me parler et m’interroger sur l’étrangeté et l’ancienneté de mon appareil). Le temps de la réflexion laisse aussi la place aux doutes propres aux sténopés : le cadrage sera-t-il tel qu’espéré ? l’exposition bien estimée ? Les doutes passés, si votre sagesse est suffisante, le temps restant pourra être consacré à l’imprégnation du lieu, de l’atmosphère et de l’instant. Il pourra, si vous êtes sages, être consacré à la sérénité.


Château de Mâlain
Chambre FKD 13×18 cm
Sténopé 0,3 mm
4 minutes d’exposition
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau

Réforme des retraites

A la veille d’une quatrième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, le gouvernement reste sur sa position : passage de 60 à 62 ans pour l’âge légal et de 65 à 67 ans pour une retraite sans décote. Le texte a déjà été approuvé par le parlement et est en cours d’évaluation par le sénat.

Voir aussi :
Proposition de loi sur le travail le dimanche
Grève des hôpitaux
Jeudi noir : le mouvement social sort de sa boite

Surendettement : encadrement des crédits à la consommation

Un projet de loi visant à lutter contre le sur-endettement est en cours d’étude à l’assemblée nationale. Il vise entre autres à mieux encadrer les crédits à la consommation, mais ne s’attaque pas aux crédits revolving ou renouvelables qui sont très souvent mis en cause dans le sur-endettement des foyers modestes.

Voir aussi :
Spéculation sur la dette grecque
La taxe carbone
Le travail le dimanche

17.09.2009
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Scientologie et justice : soupçons de lobbying

scientologie et justice

Suite à la découverte par la Miviludes d’une modification d’un texte de loi qui rend impossible la dissolution de la branche française l’Église de Scientologie, la polémique n’en fini pas de rebondir. Le Syndicat de la Magistrature a demandé qu’une enquête soi menée pour trouver l’origine de cette modification, alors que certains n’hésitent pas à accuser la Scientologie d’avoir oeuvré pour changer le texte.

Proposition de loi sur le travail le dimanche

Une proposition de loi encadrant le travail dominical sera discutée à l’assemblée la semaine prochaine. La loi concerne les commerces de près de 500 communes “touristiques”. Les réactions sont vives dans l’opposition pour ce texte qui avait déjà posé problème au sein même de la majorité cet automne.