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Portrait insoluble

Patrick m’a fait le plaisir de passer au studio à l’occasion d’un passage à Dijon.
J’avais préparé des plaques pour faire des ambrotypes au gélatino bromure (qui donnent des images positives sur plaque). À mon grand dam, et sans que je comprenne pourquoi (d’où le titre insoluble), l’effet positif ne fonctionne pas sur ces plaques. Je me suis donc rabattu sur leur utilisation en mode négatif, ça marche aussi…

Chambre FKD 13×18 cm
Leimeyr 240 mm @ f/4.5
Tubes fluorescents lumière du jour
6 secondes d’exposition
Plaque de verre au gélatino bromure d’argent


Lac de Guéry

Le lac volcanique de Guéry, né de l’obstruction du cours d’un torrent par une coulée de lave.
Une photo, née de la réaction des halogénures d’argent avec les photons, et de la révélation de l’image latente par l’action de l’acide caféique et de l’acide ascorbique en milieu basique.

Yashica 12 – Ilford HP5+ @1600 iso
Développement au Caffenol CL


La chance du débutant

Avec le recul, je constate que j’ai souvent la chance du débutant. C’est vrai pour la plupart des procédés que j’expérimente, il est très fréquent que mon premier essai soit bon. Pas parfait, mais bon. Assez bon en tout cas pour me donner envie de persévérer et d’améliorer la technique. Evidemment, en toute logique, ayant eu de la chance au premier essai, mes travaux d’amélioration sont souvent décevants. Je me rends compte que j’ai bénéficié d’une combinaison heureuse entre le sujet, son éclairage, le développement du négatif et le tirage. Puis, dès que je commence à modifier les paramètres pour améliorer le résultat, je réalise qu’en fait je ne les maîtrise pas. Pire, les résultats se dégradent. Je fais bouger les curseurs dans le mauvais sens, ou je modifie des paramètres qui me paraissent sans importance mais dont je découvre l’impact critique. C’est le processus normal de l’apprentissage, de l’acquisition de l’expertise. Mais comme j’ai tendance à m’emballer au premier résultat probant, j’accuse le contrecoup, c’est une phase difficile à passer. Avec l’habitude je parviens mieux à garder la motivation, je note tout ce que je modifier dans mon cahier et je persévère. Je crois avoir dépassé cette phase pour ce qui concerne la technique que je travaille. C’est encore perfectible, et j’ai un nombre considérable d’autres tests à réaliser, mais je viens enfin d’obtenir un résultat meilleur que mon premier essai après 2 échecs. Ça parait peu, deux échecs, mais vu le travail que demande cette technique et sa dépendance aux paramètres météorologiques pour les essais, cela prend un temps considérable. Voici donc la fontaine de la place Darcy, avec un meilleur modelé, mais toujours ce côté heurté des contrastes propres aux cyanotypes.

Appareil sténopé 18×24 cm
Sténopé 0,52 mm
20 minutes d’exposition
Plaque de verre au gélatino bromure d’argent
Tirage cyanotype


Radici

Quelques racines aériennes aux formes étranges au bord du lac Iséo. Ajoutons-y du flou, du flare, des traces de caffenol, des piqûres de moustiques et le compte est bon.


Chambre FKD 13×18 cm
Leimeyr 240 mm @ f/4.5 5 secondes
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau

Pierre blanche

Un jour à marquer d’une pierre blanche dans l’agenda de ma photographie artisanale. Il reste à améliorer le négatif pour des images plus modelées au tirage, mais – joie  – cela fonctionne, et pas si mal pour un premier test.

Appareil sténopé 18×24 cm
Sténopé 0,44 mm
10 minutes d’exposition
Plaque de verre au gélatino bromure d’argent
Tirage cyanotype


Saint Michel

Est-ce le printemps ? Le soleil ? La température ? Retour de la motivation avec une grande escapade à 100 mètres de chez moi. Ces chères cloches qui rythment les heures de mon quotidien. Au passage un petit test d’exposition et son impact sur le contraste : eh bien disons que ça contraste ! Peut être une possibilité d’en obtenir un cyanotype valable. Hâte de tester ça !

Chambre FKD 13×18 cm
Sténopé 0,3 mm
2 minutes d’exposition
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau

Le vieil escalier

On me fit remarquer un jour que j’étais quelqu’un d’obsessionnel. Sur le coup, je me souviens très bien avoir rejeté cette idée saugrenue, non sans un fond de vexation. Aujourd’hui, après tout ce temps passé à peaufiner une méthode anachronique et chronophage, après un énième loupé de fabrication de gélatine qui n’entame aucunement ma motivation, je crois que je dois me faire à l’idée : je suis effectivement obsessionnel. C’est assez indolore (bien que ce ne soit pas forcément l’avis de mon entourage) et surtout indispensable à la bonne continuation de mes activités de photochimiste. Sans un minimum d’obsession pour l’apparition d’une image ambrée en suspension sur une plaque de verre, j’aurais lâché l’affaire depuis bien longtemps.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 60 secondes @ f/4,5
Ascorbotype : ambrotype à la gélatine artisanale, développé à l’acide ascorbique

Guns &

Ha ! C’est parfaitement ridicule – je dois bien l’admettre – d’avoir les larmes aux yeux en sortant une plaque de verre du fixateur… Mais, quand après des mois d’essais et des dizaines de pages noircies dans mon cahier photographique, une soudaine idée apparait au milieu de la nuit, aussitôt testée et confirmée le lendemain : oui j’ai eu les larmes aux yeux en rallumant la lumière dans ma cabane. J’avais le modelé, la clarté que je n’arrivais pas à atteindre jusqu’alors. J’avais dans le même temps un temps de pose plus court qui rend les portraits envisageables. C’était donc ça : depuis le début mes plaques étaient surexposées et sous développées. Voilà un très grand pas en avant. Il y en aura d’autres (j’ai déjà des pistes à tester), mais celui-ci m’ouvre de nouvelles portes. Alors ça excuse bien quelques larmes aux yeux, que je peux si besoin mettre sur le compte de l’odeur d’ammoniac.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 3 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine artisanale