Archives de catégorie : tout le reste

Psychédélisme gélatinesque

Les mises à jours sur le blog se font rares. Mon activité du moment se rapproche plus de celle d’un petit chimiste que d’un photographe. Une mise en parenthèse de créativité que je justifie par une étape nécessaire de découverte des procédés anciens, et ces derniers jours par une exploration en terrain chimique inconnu. C’est un terrain excitant, mais glissant. Le danger est d’oublier le but de la création d’image, de se cacher derrière la technique. Comme si l’exclusivité de la méthode justifiait à elle seule de prendre en photo une paire de chaussures. Je fréquente trop de groupes et de forums de photographie alternative abreuvés d’images barbantes pour ne pas connaître ce risque. L’élitisme d’un procédé ne répondra jamais à cette question majeure : qu’est-ce que j’ai à raconter ?

Ratage sur plaque de verre
Chambre FKD 13×18 cm
Industar 37 (300 mm) 20 secondes @f/4,5
Ambrotype par chimie domestique

Ambrotype #1

Pour celles et ceux qui ne me suivent pas sur les réseaux sociaux, je fais depuis quelques temps des essais d’ambrotypes modernes. Ce sont des photos sur plaque de verre, qui donnent une image positive quand elles sont placées devant un fond noir. C’est un des tout premiers procédés photographiques après le daguerréotype, il date des années 1850. Mon but était de travailler une technique modifiée qui fonctionne à la gélatine, et pas au collodion. Après moult essais, j’ai enfin un résultat qui vaut d’être blogué.

Pourquoi je m’embête avec cette vieille technique ? Sans doute pour ne pas faire comme les autres ; également et surtout pour le rendu organique, contrasté, aléatoire, vivant ; et enfin pour l’objet photographique obtenu. Je me lasse un peu des fichiers numériques égarés sur des disques durs, là il s’agit d’objets, de beaux objets en verre que l’on tient dans la main.

Que dire d’autre ?… Ah, oui : je suis content !

L’image en plus gros ici.

Chambre FKD 13×18 cm
Industar 37 (300 mm) 2 secondes @f/16
Ambrotype sur émulsion de gélatine

Pictorialisme #0

Il y a quelques temps j’écrivais cet article sur la légende personnelle et mon attrait passé pour le dessin, rêve d’enfant ayant glissé vers la photographie. Je m’y interrogeais sur la possibilité de dessiner mes photos. Je n’avais pas pensé à dessiner sur mes photos… C’est en me renseignant sur les méthodes utilisées dans le pictorialisme, ce courant photographique né à la fin du XIXème siècle et prônant l’altération des images pour créer des œuvres d’art (statut que la photo n’avait pas atteint à l’époque), que l’envie (si ce n’est l’idée, vieille de plus d’un siècle) m’est venue. Voici mon premier essai d’altération analogique crayonnée et caffenolisée. Cet image n’a pas été modifiée sous Photoshop si ce n’est pour la numérisation du tirage définitif.

Il y a peut être quelque chose à creuser…

Chambre FKD 13×18 cm
Sténopé 0,3 mm
4 minutes d’exposition
Papier Foma RC
Manipulations analogiques avant tirage

Roubaix Neuilly – le grand écart

Il y a quelques temps déjà, j’avais mis en ligne le pdf de mon reportage sur Roubaix et Neuilly, villes respectivement les plus pauvres et plus riches de France. Ce reportage est à présent disponible en édition papier. Voici un rapide aperçu vidéo de l’ouvrage (88 pages, 91 photos organisées en 39 diptyques, 3 triptyques, et quelques images solitaires, format 19 x 24,5 cm).

Pour l’acheter, ça se passe par là dessous.

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Le guitariste sans abri

C’était en 2007, je me promenais dans le centre ville avec mon Yashica 12 (un vieux reflex bi-objectif). Alors que je prenais en photo des enfants jouant sur la place de la libération, le guitariste sans abri, alors personnage récurrent des rues dijonnaises, apparu à côté de moi et me demanda – mi provocateur, mi imbibé – de le prendre en photo « avec mon vieux truc ». Décontenancé et fébrile, j’improvisais le cadrage et les réglages – la cellule de l’appareil étant depuis longtemps défectueuse –, je sentais qu’il n’aurait pas une patience sans limite pour me laisser trifouiller les diverses molettes. Après le clic et le tour de manivelle, l’homme me remercia en y ajoutant un signe de tête appuyé et partit comme il était venu.
J’ai attendu impatiemment le développement du film, espérant que je n’avais pas complètement foiré l’exposition et la mise au point (qui a déjà essayé de viser rapidement avec un 6×6 me comprendra). Au vu du résultat je pense que non. Ce portrait me tient particulièrement à cœur. Je crois avoir correctement restitué l’attitude de l’instant, et du personnage de manière générale, aidé par la contre-plongée de la visée ventrale.
Par la suite je l’ai recroisé plusieurs fois, son état n’avait pas l’air de s’améliorer. Je me disais à chaque fois que je devrais lui offrir un tirage de son portrait… mais je ne l’avais bien évidemment jamais sur moi. Cela fait maintenant plusieurs années que je ne l’ai pas revu. J’espère qu’il va bien.

(Yashica 12 – Fuji 160S)

Caffenol brew

Je me lance dans des essais de tirages contact directs. Ici il s’agit donc d’un tirage à partir d’un négatif papier, sur un papier Ilford 18×24, le développement a été réalisé au pinceau.

Chambre FKD 13×18 cm
Industar 37 (300 mm)
30 secondes @f/4,5
Papier Ilford RC
Développement au Caffenol CM

Hawaï

Je fais pas mal d’auto-portraits, pas tant par narcissisme – encore que –, que parce que je rechigne à utiliser des cobayes pour mes essais d’éclairage et de développement. Jusqu’ici je vous en ai épargné pas mal, mais celui-ci fera office de la photo de la semaine : c’est la première fois que j’obtiens un tirage papier avec un contraste qui correspond exactement à la version numérisée, l’étape suivante du projet va pouvoir commencer !

Chambre FKD 13×18 cm
Industar 37 (300 mm) @f/4,5
1 flash Elinchrom 600J avec réflecteur et nid d’abeille + 1 flash Canon 430EX II
Papier Ilford RC
Développement au Caffenol CM