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Téléphone d’alarme #3

Toujours dans la série des ambrotypes sur gélatino bromure d’argent.
Depuis quelques jours, je travaille sur un révélateur peu toxique, à base de vitamine C.
Ça marche plutôt pas mal. Encore perfectible pour la brillance. Également des progrès à faire sur l’exposition : elle est difficile à juger car dépendante des UV, et très sensible aux contre-jours.
Fixation à l’hypo fait maison. Il ne me reste plus qu’à travailler une émulsion home made. C’est pour bientôt…

Je me demandais encore l’autre jour ce qui me poussait à passer autant de temps sur ces techniques. Je crois avoir trouvé un des éléments : je trouve que le rendu est plein de poésie. Bien entendu, cela ne dispense pas de soigner le sujet et le cadrage, mais il y a une sensation immédiate de nostalgie, et toujours la joie de sortir un bel objet du bain de fixateur…

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Danger de mort

J’ai rêvé l’autre jour que je me faisais électrocuter. Par deux fois. La sensation était étrange. Quelques pensées le temps de tomber au sol, paralysé : mince, je suis électrocuté… je vais mourir ? ah finalement non… ça ne fait pas si mal… quoi, une deuxième fois !?

Aujourd’hui je cherchais un point de vue pour une photo à la chambre avec le nouvel objectif que j’ai acquis. Il est équipé d’un obturateur, ce qui me permet de faire des photos à pleine ouverture en plein jour. Je me suis arrêté au milieu de ce pont, visualisant mentalement l’image ci-dessus. Je n’ai repensé à ce rêve qu’en rentrant, bien après avoir remballé le matériel.

Outre ce petit rappel inconscient, un autre rappel : rien n’est jamais acquis, surtout quand on pense maîtriser son sujet. Voilà donc les erreurs que l’on peut faire en plein jour :
— mal cadrer en pensant qu’on peut s’abstenir de mettre la tête sous le drap noir (à la fois parce qu’on pense voir suffisamment bien le verre de visée, et parce qu’on a un peu honte de se mettre dessous quand la plupart des voitures ralentissent pour regarder) ;
— oublier que même si 1/10ème de secondes est assez court avec un trépied, cela laisse tout de même le temps d’un flou de bouger si on actionne le déclencheur sans précaution.
Le maître mot est donc de toujours prendre son temps.

Malgré ces évidents défauts, j’aime bien cette image. C’est un des avantages des photos à la chambre : je n’en fait qu’une ou deux à la fois, chacune a donc son importance et son histoire – à mes yeux en tout cas – et jusqu’ici, chacune est une leçon.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm f/4,5
1/10 secondes @f/4,5
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau

Ambrotype #1

Pour celles et ceux qui ne me suivent pas sur les réseaux sociaux, je fais depuis quelques temps des essais d’ambrotypes modernes. Ce sont des photos sur plaque de verre, qui donnent une image positive quand elles sont placées devant un fond noir. C’est un des tout premiers procédés photographiques après le daguerréotype, il date des années 1850. Mon but était de travailler une technique modifiée qui fonctionne à la gélatine, et pas au collodion. Après moult essais, j’ai enfin un résultat qui vaut d’être blogué.

Pourquoi je m’embête avec cette vieille technique ? Sans doute pour ne pas faire comme les autres ; également et surtout pour le rendu organique, contrasté, aléatoire, vivant ; et enfin pour l’objet photographique obtenu. Je me lasse un peu des fichiers numériques égarés sur des disques durs, là il s’agit d’objets, de beaux objets en verre que l’on tient dans la main.

Que dire d’autre ?… Ah, oui : je suis content !

L’image en plus gros ici.

Chambre FKD 13×18 cm
Industar 37 (300 mm) 2 secondes @f/16
Ambrotype sur émulsion de gélatine