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Rocamadour #2

Prendre une photo au sténopé, c’est poser une boîte en bois quasiment aveugle en face de ce que l’on veut photographier. Le cadrage procède d’un mélange de science approximative, de pifométrie analytique et d’espérance fataliste. La boîte en bois que j’utilise permet d’obtenir un très grand angle de vue. J’avais fait une fois le calcul de l’équivalent en 24×36, mais je ne suis plus très sûr de me rappeler du résultat, et ce n’est pas très parlant de toute façon. En gros l’angle correspond quasiment à tout ce qui se trouve en face de moi. Ma technique de visée a l’avantage d’être simple, et l’inconvénient de donner un air passablement idiot si l’on est observé en cours de processus. Voyez plutôt : une fois devant le sujet, il faut regarder bien en face et sans bouger la tête, puis fermer l’œil gauche et regarder où s’arrête son champ de vision sur la gauche. Ce sera le bord gauche du cadre. Comme vous l’avez maintenant deviné, il convient ensuite de procéder de même en fermant l’œil droit. On peut ainsi délimiter les bords gauche et droit du cadrage. Si vous avez tenté la manœuvre, vous avez pu constater le ridicule du clignement associé aux mouvements oculaires. C’est encore pire pour les cadrages verticaux, car il faut procéder de même, mais en penchant la tête à 90° sur le côté. Passé l’instant de malaise, ça fonctionne plutôt bien pour la cadrage horizontal une fois que l’on a aligné la boite en bois sur l’axe de la visée. Le cadrage vertical quant à lui est un peu plus aléatoire.
La suite à la prochaine photo.

Chambre FKD 13×18 cm
Sténopé 0,3 mm
5 minutes d’exposition
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau

Guggenheim

Un retour au sténopé et au caffenol. Un bon moyen de limiter le nombre de ses photos de vacances : neuf en tout et pour tout. J’imaginais que ce serait facile, mais la technique reste délicate, et les effets de pinceau ainsi que l’exposition subtils à gérer. L’avantage indéniable est que chacun image a son importance. Par forcément pour le spectateur, mais pour le photographe, car c’est la démarche qui reste en mémoire. Rester 5 minutes en plein soleil au pied du musée Guggenheim de Bilbao, regarder des touristes sud-américaines se prendre en selfie dans le champ de la photo en sachant que leur passage ne laissera qu’une trace impossible à distinguer sur les grains d’argent. Le sténopé, c’est enregistrer du temps et du souvenir autant que de la lumière.

Chambre FKD 13×18 cm
Sténopé 0,3 mm
5 minutes d’exposition
Papier Foma RC
Développement au Caffenol CM appliqué au pinceau

Le château

Le silence visuel de ces dernières semaines s’explique par l’atterrissage en de nouveaux lieux. Plus de place pour plus de confort photographique. Il reste encore un peu de travail d’aménagement, surtout pour la partie « chambre noire ». De nouveaux lieux, mais plutôt anciens, et inspirants : le château.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 3 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Parallèles

Des arbres, un chemin, ça sonne comme une chanson de Françis Cabrel… mais je ne me lasserai jamais de ce type de sujets. [Insérer interprétation psychanalytique].
Toujours dans le cadre des ambrotypes sur gélatino bromure révélés à la vitamine C, avec en prime un essai de plan de netteté non perpendiculaire.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 8 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

À côté de ses pompes

J’ai en tête depuis quelques temps cette idée d’une série « à côté de la plaque », en référence bien sûr à la plaque de verre utilisée comme support photographique…
À côté de ses pompes, c’est peut être une façon de commencer.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 60 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Under the bridge

Encore et toujours dans la série des perfectionnement des ambrotypes secs à la vitamine C, retour à une émulsion plus simple qui fonctionne mieux. Reste à se pencher sur le révélateur, et sur le moyen d’éviter toutes les petites poussières venant se coller sur l’émulsion au cours du développement et du séchage…
Essais de bascule arrière, intéressant, mais pas forcément aisé pour la lecture de l’image. Difficile à gérer sur une vieille chambre qui n’a pas de mouvements sur le corps avant.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 1/2 seconde @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Portrait ambrotype : Christophe

Comme sorti de l’obscurité, comme sorti d’une suite de tâtonnements. L’expérience me fait dire qu’il y a une part de chance et que la méthode n’est pas encore acquise, mais en attendant, quel plaisir. Voir la plaque apparaître et l’image positive flotter au dessus du fond noir, avoir enfin un résultat qui me rappelle pourquoi je fais tout cela.
(L’image en plus grand en cliquant dessus)

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm @ f/4,5
2 flashs Elinchrom @ 600J
Ambrotype à la gélatine